Un Nobel de la Paix tourné vers l'Afrique et le Monde Arabe


Le Nobel de la paix a été attribué vendredi dernier à la première Présidente élue, démocratiquement, à la tête d'un pays africain, la Libérienne Ellen Johnson Sirleaf, à sa compatriote, la "guerrière de la paix" Leymah Gbowee, et à une figure emblématique du "printemps arabe" au Yémen, Tawakkol Karman.
Les trois lauréates sont ensemble récompensées "pour leur lutte non-violente en faveur de la sécurité des femmes et de leurs droits à participer aux œuvres de paix", a déclaré le Président du comité Nobel norvégien, Thorbjoern Jagland.
En consacrant ce trio, le comité a couronné deux femmes qui ont activement contribué à extirper le Liberia de 14 ans de guerres civiles et une troisième qui incarne l'engagement non-violent en faveur du changement au Yémen, un des pays les plus conservateurs au monde.

Première femme démocratiquement élue à la tête d'un Etat africain, en 2005, Mme Sirleaf, 72 ans, s'est attelée à la reconstruction d'un pays ravagé par deux conflits intérieurs, qui ont fait environ 250.000 morts et laissé une économie exsangue. "C'est un prix pour tout le peuple libérien", a réagi l'intéressée.
Son accession au pouvoir a été rendue possible par le travail sur le terrain de Leymah Gbowee, "guerrière de la paix", à l'origine d'un mouvement pacifique qui contribuera, notamment à l'aide d'une "grève du sexe", à mettre fin à la deuxième guerre civile en 2003.
De par ses fonctions, cette travailleuse sociale de 39 ans a été témoin de certaines des exactions les plus brutales : le viol comme arme de terreur, l'embrigadement d'enfants-soldats, etc.
"Plus personne ne pourra plus minimiser notre rôle désormais (...) Le monde a reconnu le rôle, l'intelligence et la contribution des femmes", a-t-elle réagi auprès de l'AFP.

La troisième lauréate, Tawakkol Karman, journaliste, est une figure emblématique du soulèvement populaire au Yémen, où les femmes ne jouent pas un rôle de premier plan en politique.
Elle est la première femme arabe et la plus jeune personne à recevoir le Nobel de la paix, qu'elle a immédiatement dédié aux Yéménites en lutte contre le régime du président au pouvoir, Ali AbdallahSaleh"Ce prix est une victoire pour la révolution et pour le caractère pacifique de cette révolution".
Fondatrice du groupe "Femmes journalistes sans chaînes", cette jeune femme frêle, mère de trois enfants, a été l'un des principaux meneurs des manifestations estudiantines de janvier qui ont donné le coup d'envoi au soulèvement, ce qui lui a valu d'être brièvement arrêtée.

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