GABON : l'héritage du "Doyen"


Internet étant interrompu a Libreville depuis samedi dernier (afin d'éviter le flow d'information en provenance de l'étranger), le PDG (Parti Démocratique Gabonais) et certains de ses plus illustres membres n'ont sûrement pas eu la possibilité de surfer sur le site du Monde.fr ou le célèbre quotidien français publie des commentaires acerbes et très révélateurs d'une jeunesse gabonaise mal a l'aise a l'égard d'un parti au pouvoir sans partage depuis 42 années.

Le Monde, Libération ainsi que le New York Times reportent depuis hier les disputes en coulisse entre deux clans au sein du PDG. D'un cote Ali Ben Bongo, Ministre de La Défense, qui jouit des faveurs de Nicolas Sarkozy, et André Mba Obame, Ministre de l'intérieur, reconnu et apprécié par la diplomatie française et surtout issue de l'ethnie majoritaire au Gabon, Les Fangs, qui sans aucun doute pourrait avoir le support de prés de 40% de la population gabonaise.

De l'autre coté nous avons un clan constitué par ceux qui au sein du parti au pouvoir semblent être plus préoccupés par la sauvegarde de leurs propres intérêts politiques et avantages financiers plutôt que la stabilité du pays et le bien-être d'un peuple qui a été dépravé pendant plus de 40 ans des revenus pétroliers. Pascaline Bongo, femme d'affaire exceptionnelle et grand argentier de l'État auprès de son père, son actuel mari, Paul Toungui, Ministre des Affaires Étrangères et son précédent mari, Jean Ping, Président de la Commission de l'Union Africaine, forment la base solide de ce clan qui devrait sûrement essayer de pousser "leur candidat" au pouvoir exécutif afin de protéger leur assets bancaire en France. Leur gros problème et important désavantage, le faite que aucun d'entre eux jouit d'une certaine popularité au Gabon, ce qui semble diviser le PDG en ce moment sur le chemin a prendre pour continuer a régner sans partage.

Finalement, en l'absence d'opposant politique de poids et suffisamment confortable financièrement pour organiser une campagne électorale victorieuse, le pouvoir ne devrait pas échapper a une élite sans scrupules, mise en place par le défunt Omar Bongo Ondimba.

Sans aucun parti pris de ma part, je pense que les décisions prises par Ali Ben Bongo lundi en fin de soirée au sujet de déployer l'armée dans les les rues de Libreville et a l'intérieur du pays pour sécuriser certains points stratégiques et rassurer la population du Haut-Ogoué furent sensibles mais nécessaire et surtout bien accueilli par le peuple, après tout, en tant que Ministre de La Défense et avec le support dont il jouit au sein de l'armée, il aurait été facile pour lui de se saisir du pouvoir et d'imposer une période de transition afin de pouvoir diriger le pays avec une main de fer. Au contraire et sûrement a la surprise de certains, il s'est effacer et a accepter les termes de la constitution, afin de tenter sa chance démocratiquement auprès du peuple gabonais lors de la prochaine élection présidentielle.

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